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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 17:29

15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 17:21
Réseau Nerrati-Press

Les auteurs de ces hadiths qui décrivent les dérives pédophiles et homosexuelles du prophèteMahomet, sont des savants musulmans (témoins oculaires de Mahomet) très respectés dans la tradition islamique. Une autre question se pose, pourquoi, les islamistes décapitent les homosexuels ? Je vous présente, ci-dessous, quelques hadiths :

 

 



1) HADITH SUNAN BI DAWUD NUMÉRO 5224

« Un jour, Mahomet a soulevé sa chemise pour un homme qui s’est mis à embrasser son torse tout entier, + à partir de son nombril et jusqu’à ses aisselles + ».
 

2) HADITH MUSNAD AHMAD NUMÉRO 12669

« Un homme du nom de Zahir qui avait l’habitude de dire + le prophète m’aime +, a dit qu’un jour, Mahomets’est glissé à son insu derrière lui et l’entoura de ses bras. Zahir effrayé a hurlé + Lâche moi ! +. Après avoir tourné la tête et découvert que c’était Mahomet, il cessa de se débattre et s’est mis à + pousser son dos contre la poitrine du prophète + ».
 

3) HADITH MUSLIM NUMÉRO 031.5906

« Aïcha a rapporté que le prophète … était couché dans ma maison avec ses cuisses ou ses jambes à découvert quand Abu Bakr a demandé la permission d’entrer. La permission lui a été accordée et il a conversé dans ce même état et il a parlé ».
 

4) NOMBRE HADITH 16245, VOLUME TITRE ; LES ÉNONCIATIONS SYRIENS, TITRE DU CHAPITRE : HADITH DE MU’AWIYA IBN SUFYAN

« J’ai vu le Prophète (paix sur lui) sucer sur sa langue et ses lèvres Al-Hassan le fils de Ali (paix et prières d’Allah soient sur lui). Pour aucune langue et aucune lèvre, que celles du prophète lui protège du feu de l’enfer».

« Il (le Prophète) lève sa chemise (de al Hassan) et embrassa son (petit) pénis »
روى أنه صلى الله عليه و سلم قبل زبيبة الحسن أو الحسين

« Il (le prophète) a embrassé le (petit) pénis de al Hassan al Husein »
رأيت النبي صلى الله عليه و سلم فرج ما بين فخذي الحسين و قبل زبيبته

« Il (le prophète) a mis les jambes de Husein part et embrassa son (petit) pénis ».
 

5) HADITH MAIMA AL-ZAWA’ID, ALI IBN ABU BAKR AL-HAYTHAMI

299/9 مجمع الزوائد لعلي بن أبى بكر الهيثمي

رأيت رسول الله صلى الله عليه و سلم فرج ما بين فخذي الحسين و قبل زبيبته
رواه الطبراني و إسناده حسن

Traduit en anglais : « J’ai vu le Messager d’Allah sws mettre les jambes de Husein part et d’embrasser son(petit) pénis ».

Rapporté par Al-Tabarani et c’est l’authentification est entièrement validée par les savants islamiques.

Hussein et Hassan sont des petits garçons différents, c’est manifestement qu’on peut croire que Mahometdans sa vie à embrasser plusieurs pénis.
 

6) SAHIH AL-BUKHARI, VOLUME 1, LIVRE 4, NUMÉRO 152 (VOUS POUVEZ AUSSI CONSULTER LES NUMÉROS 153-154) SELON ANAS BIN MALIK

Mahomet invite également les jeunes garçons de le voir se laver les parties intimes :

« Chaque fois que l’Apôtre d’Allah est allé à répondre à l’appel de la nature, moi avec un autre garçon, avons l’habitude de l’accompagner avec un verre plein d’eau. (Hisham a commenté : + Alors qu’il peut laver ses parties intimes avec elle +) ».
 

7) SAHIH AL-BUKHARI, VOLUME 1, LIVRE 4, NUMÉROS : 229 / 231 / 233

D’autres pratiques malades de Mahomet comprennent ayant sa jeune épouse de l’enfant essuyer le sperme de ses vêtements, avec Bukhari :

(Sahih Al-Bukhari, Volume 1, Livre 4, Numéro 229) Rapporté ‘Aisha :

« J’avais l’habitude de laver les traces de Janaba (sperme) des vêtements du Prophète et il avait l’habitude d’aller à la prière tandis que des traces de sperme était encore sur lui ».

(Sahih Al-Bukhari, Volume 1, Livre 4, Numéro 231, vous pouvez aussi consulter Nombre 232) Rapporté Sulaiman bin Yasar:

« J‘ai demandé à ‘Aisha sur les vêtements souillés de sperme. Elle répondit : + J’avais l’habitude de le laver les vêtements de l’apôtre d’Allah et qu’il irait à la prière tandis que les taches d’eau étaient encore visibles + ».

(Sahih Al-Bukhari, Volume 1, Livre 4, Numéro 233) Rapporté ‘Aisha :

« J’avais l’habitude de laver le sperme hors les vêtements du Prophète et même alors, je remarquais un ou plusieurs points sur eux ».
 

Mahomet
15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 17:21
Réseau Nerrati-Press

Les auteurs de ces hadiths qui décrivent les dérives pédophiles et homosexuelles du prophèteMahomet, sont des savants musulmans (témoins oculaires de Mahomet) très respectés dans la tradition islamique. Une autre question se pose, pourquoi, les islamistes décapitent les homosexuels ? Je vous présente, ci-dessous, quelques hadiths :

 

 



1) HADITH SUNAN BI DAWUD NUMÉRO 5224

« Un jour, Mahomet a soulevé sa chemise pour un homme qui s’est mis à embrasser son torse tout entier, + à partir de son nombril et jusqu’à ses aisselles + ».
 

2) HADITH MUSNAD AHMAD NUMÉRO 12669

« Un homme du nom de Zahir qui avait l’habitude de dire + le prophète m’aime +, a dit qu’un jour, Mahomets’est glissé à son insu derrière lui et l’entoura de ses bras. Zahir effrayé a hurlé + Lâche moi ! +. Après avoir tourné la tête et découvert que c’était Mahomet, il cessa de se débattre et s’est mis à + pousser son dos contre la poitrine du prophète + ».
 

3) HADITH MUSLIM NUMÉRO 031.5906

« Aïcha a rapporté que le prophète … était couché dans ma maison avec ses cuisses ou ses jambes à découvert quand Abu Bakr a demandé la permission d’entrer. La permission lui a été accordée et il a conversé dans ce même état et il a parlé ».
 

4) NOMBRE HADITH 16245, VOLUME TITRE ; LES ÉNONCIATIONS SYRIENS, TITRE DU CHAPITRE : HADITH DE MU’AWIYA IBN SUFYAN

« J’ai vu le Prophète (paix sur lui) sucer sur sa langue et ses lèvres Al-Hassan le fils de Ali (paix et prières d’Allah soient sur lui). Pour aucune langue et aucune lèvre, que celles du prophète lui protège du feu de l’enfer».

« Il (le Prophète) lève sa chemise (de al Hassan) et embrassa son (petit) pénis »
روى أنه صلى الله عليه و سلم قبل زبيبة الحسن أو الحسين

« Il (le prophète) a embrassé le (petit) pénis de al Hassan al Husein »
رأيت النبي صلى الله عليه و سلم فرج ما بين فخذي الحسين و قبل زبيبته

« Il (le prophète) a mis les jambes de Husein part et embrassa son (petit) pénis ».
 

5) HADITH MAIMA AL-ZAWA’ID, ALI IBN ABU BAKR AL-HAYTHAMI

299/9 مجمع الزوائد لعلي بن أبى بكر الهيثمي

رأيت رسول الله صلى الله عليه و سلم فرج ما بين فخذي الحسين و قبل زبيبته
رواه الطبراني و إسناده حسن

Traduit en anglais : « J’ai vu le Messager d’Allah sws mettre les jambes de Husein part et d’embrasser son(petit) pénis ».

Rapporté par Al-Tabarani et c’est l’authentification est entièrement validée par les savants islamiques.

Hussein et Hassan sont des petits garçons différents, c’est manifestement qu’on peut croire que Mahometdans sa vie à embrasser plusieurs pénis.
 

6) SAHIH AL-BUKHARI, VOLUME 1, LIVRE 4, NUMÉRO 152 (VOUS POUVEZ AUSSI CONSULTER LES NUMÉROS 153-154) SELON ANAS BIN MALIK

Mahomet invite également les jeunes garçons de le voir se laver les parties intimes :

« Chaque fois que l’Apôtre d’Allah est allé à répondre à l’appel de la nature, moi avec un autre garçon, avons l’habitude de l’accompagner avec un verre plein d’eau. (Hisham a commenté : + Alors qu’il peut laver ses parties intimes avec elle +) ».
 

7) SAHIH AL-BUKHARI, VOLUME 1, LIVRE 4, NUMÉROS : 229 / 231 / 233

D’autres pratiques malades de Mahomet comprennent ayant sa jeune épouse de l’enfant essuyer le sperme de ses vêtements, avec Bukhari :

(Sahih Al-Bukhari, Volume 1, Livre 4, Numéro 229) Rapporté ‘Aisha :

« J’avais l’habitude de laver les traces de Janaba (sperme) des vêtements du Prophète et il avait l’habitude d’aller à la prière tandis que des traces de sperme était encore sur lui ».

(Sahih Al-Bukhari, Volume 1, Livre 4, Numéro 231, vous pouvez aussi consulter Nombre 232) Rapporté Sulaiman bin Yasar:

« J‘ai demandé à ‘Aisha sur les vêtements souillés de sperme. Elle répondit : + J’avais l’habitude de le laver les vêtements de l’apôtre d’Allah et qu’il irait à la prière tandis que les taches d’eau étaient encore visibles + ».

(Sahih Al-Bukhari, Volume 1, Livre 4, Numéro 233) Rapporté ‘Aisha :

« J’avais l’habitude de laver le sperme hors les vêtements du Prophète et même alors, je remarquais un ou plusieurs points sur eux ».
 

21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 07:21


L’ampleur des mensonges du coran est à la fois effrayante et vérifiable ; et parfaitement illustré par le récit de la crucifixion du Christ :

Premier regard sur la crucifixion

Lorsque Mahomet est venu déclarer par l’étoile qui se couche, qu’il a rencontré Djibril (ange Gabriel dans le coran) dans une grotte, et que ce dernier lui aurait révélé que le Christ n’avait pas été réellement crucifié et qu’il en est mort ; mais qu’Allah l’a élevé vers lui : Il ignorait que du même coup, il était en train de clamer auprès de tous ses adeptes ; qu’Allah avait trompé le monde entier pendant six siècles par une fausse mort du Christ. Car entre temps par la faute de cette tromperie d’Allah, le christianisme était né et l’église s’était développée, jusqu’à la venue de Mahomet ! Pendant tout ce temps Allah n’a pas levé le petit doigt ; et il a laissé un gigantesque cafouillage doctrinal s’installer sur la terre ! Après, il aurait envoyé Mahomet, pour réparer le désordre qu’il avait lui-même provoqué…

Cette ignorance de Mahomet sur les implications de ses récitations, est reflétée également par l’épisode où il s’est présenté au monde, brandissant un livre dans lequel Allah le disqualifiait de se prévaloir comme prophète de Dieu !

En effet dans son livre qui est le coran, il apparaît clairement aux sourate 29 : 27 et 45 : 16, que Mahomet ne fait pas partie de la lignée d’Abraham par Isaac, dans laquelle Allah a décidé de placer le « Livre et la Prophétie » ! On y lit précisément « Nous lui donnâmes Isaac et Jacob, et plaçâmes dans sa descendance la prophétie et le Livre. Nous lui accordâmes sa récompense ici-bas, tandis que dans l'au-delà, il sera parmi les gens de bien » (sourate 29 :27) et «Nous avons effectivement apporté aux Enfants d’Israël le Livre, la sagesse, la prophétie, et leur avons attribué de bonnes choses, et les préférâmes aux autres humains » (sourate 45 :16)
D’ailleurs, à supposer que Mahomet soit de la lignée d’Ismaël ; on ne trouve pas un seul prophète, entre les 2500 ans environs, qui séparent les deux personnages.

Sur la base des sourates 29 : 27 et 45 : 16 ; Mahomet ne saurait donc se prévaloir d’avoir reçu une mission quelconque de prophète de Dieu ! En clair, ce qui précède montre que Mahomet est un imposteur, ou tout simplement un faux prophète.

Si on revient sur le récit coranique de la crucifixion, sur le fondement du « premier regard » par lequel Allah aurait trompé l’humanité toute entière, en ne révélant la vérité des faits aves la venue de Mahomet, il devient légitime de se demander :

Comment une telle personne qui n’a pas cessé de mentir continuellement pendant six siècles ; pourrait guérir subitement de son mensonge ?

Ou comment pourrions-nous tenir pour acquis ; les promesses futures d’Allah, et de lui confier toute sa vie, en nous persuadant d’une telle personne ; qu’elle a enfin changée, et qu’elle a cessé de mentir ?

Deuxième regard sur la crucifixion

Djibril (L’ange Gabriel dans le Coran) ayant raconté à plusieurs reprises à Mahomet, qu’il a entendu Allah attester et se vanter d’être le meilleur d’entre tous les menteurs (Sourates 3 : 54 ; 7 ; 99 ; 8 : 30 ; 10 : 21 ; 13 : 42)…


Mahomet a voulu prendre quelques précautions contre Allah, sur son récit des faits se rapportant à la crucifixion du Christ. Ainsi, quand Allah a commencé à raconter que le Christ n’était pas mort réellement sur la croix, et que lui-même Allah l’a élevé vers lui à l’insu de tout le monde ; là même où les faits étaient publics et se sont déroulés en toute lumière…

Mahomet a alors dévoilé une chose fracassante contre Allah : Dans son livre le Coran qui est le livre par excellence qui chante les mensonges d’Allah ; Mahomet a produit face à Allah, le récit des témoins oculaires les plus proches de l événements de la crucifixion ; à savoir, les bourreaux du Christ eux-mêmes !

Ces témoins oculaires se sont alors mis à crier : « Nous avons vraiment tué Jésus, le Messie, fils de Marie, le messager d’Allah » (sourate 4 : 157) ! Dans leurs attestations triomphales, ils ont rejoint les déclarations concordantes des quatre évangiles, sur leur certitude de la mort du Christ.

En effet les évangiles disent :
MATHIEU 27 : 35
Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète: Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique.

MARC 15 :24
Ils le crucifièrent, et se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir ce que chacun aurait.

LUC 23 : 46
Jésus s'écria d'une voix forte: Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira.
JEAN 19 : 30

Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit.
Par ailleurs pendant cet événement public, personne n’a vu ni dans la Bible ni dans le Coran, Dieu ou Allah intervenir pour élever le Christ vers lui, et pour le sauver ainsi de la crucifixion; sinon ses bourreaux et autres témoins oculaires, n’auraient pas gardé la certitude de sa mort.
L’ALLUSION FURTIVE du coran sur l’enlèvement du Christ vers, relève donc d’une FICTION, qui ne tient pas debout devant ces attestations concordantes, des évangiles et des bourreaux du Christ dans le coran, sur la certitude de la mort du Christ !

En plus, si la victime sur la croix n’avait pas réellement été Jésus le Christ, elle se serait mise à crier publiquement sous la douleur en disant très fortement, qu’elle n’était pas du tout la bonne personne, qu’on était en train de crucifier !

Il n’existe donc, ni dans la Bible ni dans le coran, aucun témoin oculaire qu’on pourrait opposer à ces attestations concordantes et de sources indépendantes, précédemment signalées, sur la certitude de la mort du Christ.

Rien ne saurait donc accréditer le déni de la réalité de la crucifixion et de mort du Christ, tel qu’il est soutenu par Allah !

On en conclue donc de manière incontestable, que les musulmans ont été plongés depuis 14 siècles, dans ce vaste océan de pur mensonge d’Allah, sur la crucifixion et la mort du Christ.

Question :
Comment voulez-vous qu’une personne qui n’a cessé de mentir continuellement pendent 14 siècles, comme Allah, puisse guérir subitement de son mensonge ?
Comment pourriez-vous me convaincre de lui donner ma vie, en me persuadant qu’une telle personne, a cessé enfin de mentir ?

Cumul des deux regards
Si on cumule ces deux regards sur la crucifixion du Christ, on arrive à 20 siècles continus de mensonges d’Allah, sur cet événement central qui est au cœur la piété chrétienne ?
Face à l’ampleur d’un aussi vaste océan de mensonge sur ces 20 derniers siècles, le reste des points de discussions dans le dialogue Islamo-Chrétien ; relève du dérisoire.

12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 22:05

“Il n'y a que ceux qui ont le pied sur la braise qui en ressentent la brûlure”, dit un proverbe arabe. Cette brûlure, des millions de femmes la ressentent quotidiennement en terre d'Islam. A l'occasion du festival Etonnants voyageurs, second volet de notre série d'entretiens avec des intellectuelles arabes qui ont choisi de se dresser contre l'obscurantisme : la psychanalyste Houria Abdelouahed, auteure de “Les Femmes du prophète”.

Psychanalyste franco-marocaine, Houria Abdelouahed est maître de conférence à l'université Paris-Diderot. Après un livre d'entretiens en 2015 avec le poète syrien Adonis (Violence et Islam), elle publie aujourd'hui Les Femmes du prophète, récit poétique et critique fondé sur une étude des textes théologiques. Elle définit le lien abusif entre croyances religieuses, organisation sociale et condition féminine.

Pourquoi vous êtes-vous intéressée aux femmes du prophète ?

Au début, ce qui m'intéressait, c'était la mystique, et notamment la pensée d'Ibn Arabi, philosophe, juriste, poète, né au XIIe siècle en Andalousie et mort en 1240 à Damas. Un homme qui a rendu hommage à ses deux professeurs, des femmes ! Et qui a dit : « Tout lieu qui n'accepte pas le féminin est stérile. » Ibn Arabi a notamment parlé de la subtilité de Balkis, reine de Saba, face au roi Salomon. A un moment donné, j'ai commencé à regarder comment le texte coranique parlait des femmes. J'ai désiré en savoir davantage et me suis mise à lire Tabari, historien et exégète du Coran. J'ai trouvé sa pensée très problématique du point du vue du féminin. Par ailleurs, à cette époque, mon travail clinique a changé, je travaillais avec des femmes arabes, et j'avais l'impression d'une plainte interminable. Ces patientes m'interrogeaient sur le refoulé de mon histoire individuelle et l'histoire collective. Je réalisais qu'Aischa, la femme-enfant du Prophète, pouvait être n'importe quelle petite fille donnée trop tôt en mariage.

“Gabriel était pour l'asservissement des femmes. La soumission de la femme était exigée par le ciel.”

Vous voulez dire qu'il y a une continuité sociale dans la culture musulmane, fondée sur la théologie ?

Absolument. Aujourd'hui, lorsqu'une femme réclame l'héritage de son père, le juge ne se fonde pas sur le texte du mystique Ibn Arabi — « La féminité c'est ce qui circule dans le monde » —, mais sur le texte théologique : le garçon a deux fois la part de la fille. Beaucoup de femmes dans les pays musulmans travaillent désormais, nourrissent leur famille, des grandes sœurs élèvent leurs petits frères, et bien qu'ayant ce rôle symbolique et matériel de mère de famille, au moment de l'héritage, elles n'auront que la moitié de la part du frère qu'elles ont élevé, en fonction de lois d'il y a quinze siècles. Dans ces textes, on lit que lorsque Oum Salama, une épouse du prophète, voulut faire la guerre pour avoir les mêmes droits que l'homme, ce cher ange Gabriel vint lui dire, que non, Dieu en avait décidé autrement. Gabriel était toujours là pour dire aux femmes de se soumettre. Quand Mahomet voulait la femme de son fils adoptif, Gabriel rendait la chose licite. Quand il voulait une petite fille, Gabriel rendait la chose licite. Et ainsi de suite. Gabriel était pour l'asservissement des femmes. La soumission de la femme était exigée par le ciel.

Pourquoi n'y a t-il pas eu de relecture des textes ?

La culture arabo-musulmane n'est pas réductible à la théologie. Nous avons eu Averroes, Avicène, Ibn Arabi, Hallaj, Sohrawardi, Râzî. Nous avons un texte mystique, philosophique, poétique, mais c'est le texte théologique qui a triomphé et qui fait loi. Avec l’histoire de Zaïnab, beauté foudroyante que le prophète a voulue, bien qu'épouse de son fils adoptif, deux versets ont été révélés. Le premier demande aux femmes du Prophète de ne pas s’exposer dans l’espace public comme les autres femmes. Le second évoque le hijâb (le voile) pour les femmes du prophète. Aujourd'hui, le verset cité régulièrement demande aux croyantes de voiler leur jayb, leur fente. Mais cela peut être la fente sexuelle ou fessière ou l’espace entre les seins. Tabari et autres commentateurs du texte ont fait dans la surenchère, parlant des mains, des pieds, affirmant qu’il faut voiler le corps entier.

Donc, ça vient très tôt ?

Oui, très tôt, et ce qui m'a vraiment interrogée, et mis très mal pendant longtemps, c'est cette incompréhension : comment des interprètes, commentateurs, historiens du texte, aujourd'hui encore, n'avaient-ils fait que répéter, presque à la lettre, les commentaires d'antan ? Pour faire mon livre, j'avais énormément d'ouvrages étalés devant moi, j'allais d'une version à l'autre, et je vous assure qu'il n'y avait aucune différence entre le texte du IIe siècle de l'Hégire ( VIIIe-IXe siècle) et celui d'aujourd'hui. Je ne comprenais pas comment ces hagiographes avaient réussi à imposer le silence de la pensée.

“Toutes les religions monothéistes ont essayé de dompter le sexe féminin.”

Et vous comprenez aujourd'hui ?

J'aimerais comprendre. Du moment qu'il s'agit des femmes du prophète, le prophète étant lui-même le sacré et l'au-delà du sacré, elles sont devenues objet sacré. Aucun questionnement n'a été possible. Et ne reste possible. Sauf par des gens subversifs, transgressifs. Alors on peut penser que face à l'étrangeté du sexe féminin, l'homme s'est senti angoissé et réprimant la femme, il s'est accordé trop de privilèges. Et comme c'est sacré, il n'y a aucune remise en question possible, mais une volonté farouche de domination qui appelle les forces du ciel contre la femme.

L'islam est-il vraiment différent des autres monothéismes en ce qui concerne les femmes ?

Toutes les religions monothéistes ont essayé de dompter le sexe féminin. Si l'on prend le christianisme, cela ne s'est pas passé du vivant de Jésus qui lavait les pieds de Marie-Madeleine la pécheresse, et qui était l'exemple de la tolérance même, mais voyez ce que les Pères de l'Eglise ont ensuite fait de la femme ! On retombe toujours sur les mêmes clichés, les mêmes règles. Le monothéisme a été une catastrophe pour la femme. Il faudrait étudier les civilisations antérieures, sumérienne, babylonienne, égyptienne, sur cette question, ce qui a été très peu fait.

Comment l'islam considère-t-il ce qui l'a précédé ?

C'est la « jahiliya », le temps de l'ignorance. Et c'est catastrophique. L'islam s'est vu, s'est dit, s'est exprimé comme le début de la civilisation. On efface la Mésopotamie, Babylone, les Mèdes, les Grecs, les Byzantins, les Egyptiens, c'est la négation même de l'altérité. On sait pourtant que dans le Coran, énormément de termes ne sont pas arabes, et même cela, on ne peut pas le dire. Il y a eu négation non seulement des civilisations d'avant l'islam mais aussi des civilisations existantes en même temps que l'islam, car en Arabie, les juifs et les chrétiens étaient en nombre. Il y a donc un vrai problème avec l'altérité.

La condition des femmes a tout de même beaucoup fluctué selon les époques et les pays ?

Nous avons vraiment avancé avec la Nahda, la renaissance, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Quand vous regardez les films égyptiens, vous découvrez une vraie émancipation. L'Egypte était un phare, mais il y avait aussi l'Irak, la Syrie et le Liban. J'ai connu un Maroc beaucoup plus éclairé que celui d'aujourd'hui, je pouvais aller au cinéma avec des amis garçons. Cela est devenu difficile pour les filles aujourd'hui. L'Arabie Saoudite finance tous les mouvements d'islamisation. Je me souviens que, à Tanger, j'allais à des cours financés par les wahhabites, les filles étaient invitées à porter le voile, les imams dans les mosquées ne parlaient que des péchés des filles pas voilées. L'Arabie Saoudite a mis le paquet, une foule a suivi.

“Quand la religion n'est pas une question individuelle, mais folie de masse, elle représente un véritable danger.”

Pourquoi ?

Je crois que le fond religieux, malgré le début de renaissance, était resté intact. Quand la religion n'est pas une question individuelle, mais folie de masse, elle représente un véritable danger, qui interroge toutes les disciplines, de l'anthropologie à la psychanalyse. Comment se fait-il qu'un discours insensé triomphe ? Et comment peut-on en venir à parler de féminisme islamique ? Féministe et musulmane, je veux bien : qu'une femme n'ait pas envie d'ébranler toutes les assises identitaires, je peux comprendre. Mais féministe et islamique, je n'y crois pas. Certains versets se prêtent à interprétations, pas d'autres. Lorsqu'un verset dit : « Battez-les si elles continuent à être insoumises », qu'on le veuille ou non, le verbe battre, ne se prête pas à de multiples interprétations. Et lorsque Tabari interprète le verset « Battez-les », il écrit que l'homme peut posséder la femme sans lui adresser la parole. Donc, il peut la violer.

Encore faut-il le connaître. Quand on grandit dans un pays arabe, connaît-on ces textes et l'histoire de toutes les femmes du prophète ?

Non, on connaît seulement Khadija, parce qu'elle est la première, l'épouse-mère, femme aimante et aimée, Hafsa parce qu'elle est la gardienne du Coran, et Aisha parce qu'elle est appelée la mémoire des musulmans. Mais les musulmans ne connaissent pas tous ces hadith (1) qui concernent la sexualité, comme ils méconnaissent les paroles d'Aisha sur les choses du sexe. Il faut être théologien pour les connaître, ou très curieux. Le problème dans les pays musulmans, c'est que vous avez de grands intellectuels qui, après avoir lu Kant, Hegel, Freud, Lacan ou Lévi-Strauss, ne vont pas se pencher sur ces textes qui ne témoignent d'aucun travail de pensée, du coup ils ne connaissent pas l'islam. Ou bien vous avez des imams qui lisent ces textes, mais ignorent Kant, Hegel, etc, et restent comme s'ils vivaient dans les anciennes époques. Il faut ajouter que la plupart des musulmans cultivés ne connaissent pas ces textes, ne savent pas que le prophète pouvait ordonner la décapitation d'un homme et prendre sa fille en épouse le jour même. Ils peuvent me dire que ce que je raconte dans ce livre n'a pas existé. C'est pour cela que je cite mes sources. Il suffit de lire ces textes.

“Tant que nous ne serons pas laïcs, nous continuerons à souffrir.”

Que se passerait-il si ces histoires étaient davantage connues ?

Ce serait un choc, certainement. Dans la transmission de l'histoire de Safiya — elle est devenue femme du prophète le jour même où son père, chef d'une tribu juive, et son mari, ont été décapités —, ce qui est bouleversant, c'est que le texte dit : « Elle ne parlait pas », sans jamais interroger ce mutisme, sa dimension mélancolique. Même si on n'est pas psychanalyste, si l'on s'en tient aux informations factuelles des historiens, on constate que Safiya n'a pas transmis de hadiths. Cela veut dire que même convertie, même mariée au prophète et donc mère des croyantes, sa parole n'était pas fiable, parce que juive. Les paroles d'Aisha, de Hasna, sont transmises, pas celles de Safiya. C'est une conception fermée et narcissique. Il n'y a pas d'ouverture possible.

Comment en sortir ?

Il faut contribuer à faire connaître cette partie sombre de l'Histoire qui n'est pas très connue et qui nécessite une pensée. Il manque cruellement un travail d'historien, car nos références restent Tabari et Ibn Kathir, des auteurs des premiers siècles de l'hégire qui confondent Histoire et légende. Les Chroniques de Tabari nous apprennent que la religion musulmane s'est imposée par la force et la violence, mais nous n'en faisons rien. Car il n'y a pas de pensée sans liberté d'expression. Pour détisser le linceul, donner des subjectivités, il faut le droit à la parole singulière, il faut la démocratie et la laïcité. L'Occident a énormément gagné avec la laïcité ; tant que nous ne serons pas laïcs, nous continuerons à souffrir. Cela ne signifie pas l'abolition de la religion. Mais que chacun puisse être avec sa croyance sans l'imposer à l'autre.

  • Vincent Remy; Publié le 11/05/2016.

(1) Recueil des actes et paroles de Mahomet et de ses compagnons, dont l'ensemble constitue la sunna.

17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 10:45

«Le Coran n’a pris naissance ni à La Mecque, ni à Médine»

Coran Sunnah Mahomet, Historicité Add comments

Sep072014

Source: L’écriture en usage à La Mecque et à Médine était autre que celle des manuscrits coraniques les plus anciens, ce qui ressort des inscriptions gravées sud-arabiques.

in Trouw (quotidien édité à Amsterdam), 4 août 2012, par Eildert Mulder

Le linguiste et Moyen-orientaliste Canadien Robert Kerr apporte un éclairage nouveau sur les origines de l’Islam. D’après ses recherches, l’alphabet utilisé dans les plus anciens manuscrits connus du Coran montre plutôt que le livre fondateur de l’Islam apparut dans la région actuellement couverte par la Jordanie, la Syrie et l’Irak et non à La Mecque ou à Médine.

R. Kerr est actuellement Professeur au département Archaeology and Classical Studies à l’Université Wilfrid Laurier de Waterloo, Ontario (Canada), après avoir travaillé à l’Université de Leiden en Hollande. Il y enseigne la langue et la linguistique arabes et hébraïques, l’araméen, plusieurs cours sur la Bible, le Talmud et le livre des Proverbes araméens de Ahikar, la littérature ougaritique, et des études comparatives.

La naissance de l’Islam ne peut se comprendre que si on la replace dans le contexte de son temps. Ceci ne peut se faire, démonte le savant canadien, en se limitant aux textes arabes classiques qui sont imprégnés de la tradition islamique. La connaissance des langues et cultures avec lesquelles les Arabes ont été en contact pendant des siècles est essentielle. Armé d’une tel bagage, R. Kerr a fait une découverte surprenante: le Coran ne peut pas être initialement apparu à la Mecque ou à Médine car dans ce cas les manuscrits les plus anciens de ce texte auraient été écrits dans un autre alphabet.

Ce type de recherches islamologiques alternatives est caractérisé par leur nature « multi-facettes ». Un aperçu des centres d’intérêt multidisciplinaires de R. Kerr : après un passage dans l’armée Canadienne, il étudia l’assyriologie et l’égyptologie à Tübingen en Allemagne. Il se spécialisa ensuite à Leyden en linguistique et études sémitiques c’est-à-dire l’étude des langues sémitiques dont font partie entre autres l’arabe, l’hébreu, l’éthiopien et le Punique (la langue de Carthage). Dans sa thèse il indique que le Punique continua d’être parlé plusieurs siècles après la destruction de Carthage par les Romains. Pour ce faire il fit des recherches de terrain en Tunisie et (illégalement) en Libye. Il poursuivit ses recherches en étudiant des inscriptions pétrographiques dans le sud de la péninsule Arabique.

Outre l’anglais, R. Kerr parle le français, l’allemand, le néerlandais, le grec, le latin et le russe. Il déchiffre des langues sémitiques telles que le punique, l’hébreu et l’arabe.

Actuellement, il enseigne à Waterloo (Ontario). Son terrain privilégié est le Moyen-Orient avant l’Islam. Il n’est donc pas islamologue mais peut-être est-ce là ce qui lui a permis d’apporter des points de vue nouveaux dans les discussions sur l’histoire de la naissance de l’Islam. R. Kerr s’est relié aux travaux des islamologues « révisionnistes » qui ne se satisfont plus des traditions orthodoxes [islamiques] mais essaient de découvrir, par une recherches centrée sur des sources de l’époque, ce qui s’est passé aux débuts de l’Islam.

C’est l’étendue géographique des inscriptions pétrographiques sud-arabiques qui amena R. Kerr à sa stimulante théorie sur la question de savoir où est vraiment né le Coran. Selon le récit habituel, ce serait à la Mecque et à Médine. Mais là, fait remarquer R. Kerr,, l’écriture était autre que celle des plus anciens manuscrits coraniques. Cela ressort des inscriptions sudarabiques, qui s’étendent jusqu’au nord de ces villes, et cela sur une période qui s’étend d’environ 800 avant JC jusqu’aux origines de l’Islam, 1 500 ans plus tard.

Kerr présente d’autres arguments encore, qui plaident contre La Mecque et Médine: linguistiques, archéologiques, théologiques et historiques. C’est le cas par exemple pour l’exemple littéraire arabe le plus ancien qui ressemble à la langue du Coran, et qui est un texte biblique découvert à Alep en Syrie, une ville située à 1 400 km au nord de la Mecque. L’argumentation de Kerr s’apparente à ce que les juristes appellent une démonstration « par enchainement ». Aucun des maillons ne constitue une preuve absolue à lui seul, mais la combinaison de tous les chaînons convainc.

Image d’un vieux manuscrit du Coran provenant de Sanaa au Yémen et écrit en arabe ancien. Cette écriture n’était pas utilisée à l’époque en Arabie du sud. Ce manuscrit se trouve dans la Maison des Manuscrits de Sanaa.

Exemple d’écriture sud-arabique. Cette pierre se trouve au musée national de Sanaa.

Les observations de Kerr sur la forme de l’écriture forment la partie la plus originale de son argumentation « en chaîne ». Tout d’abord, il règle un malentendu persistant consistant à croire que les anciens Arabes n’auraient pas connu l’écriture. Ce ne serait qu’à partir du commencement de l’Islam que cette culture aurait été introduite. En réalité les Arabes s’exprimaient déjà de manière manuscrite depuis de nombreux siècles. Mais c’était dans une autre écriture que l’actuelle et généralement pas dans leur propre langue. Beaucoup d’Arabes qui vivaient dans ce qui est aujourd’hui la Syrie s’exprimaient en arabe mais écrivaient en araméen. D’autres écrivaient en arabe mais avec une autre écriture que l’actuelle. Le texte biblique d’Alep par exemple est consigné avec des lettres grecques. D’autres textes, et ceci est intéressant pour la théorie de Kerr, ont par contre été reproduits en écriture sud-arabique.

Au septième siècle la langue arabe était moins répandue qu’actuellement. Aujourd’hui cette langue est parlée et écrite du Maroc à l’Irak et de la Syrie au Soudan. A l’époque, la langue arabe était surtout pratiquée (en parallèle avec d’autres langues en de nombreux endroits) dans le nord et le centre de ce que les Romains appelaient « l’Arabie »: la péninsule Arabique (l’Arabie Saoudite et les pays voisins au Sud et à l’Est) plus les territoires contigus de Jordanie, Syrie et Irak.

Les Romains nommaient le nord de l’Arabie « Arabia Petrae » d’après la ville de Pétra, la ville bien connue construite dans la roche rouge au sud de la Jordanie. Les habitants y parlaient vraisemblablement des langages précurseurs des langues Arabes actuelles, et qui étaient entremêlés de la langue culturelle araméenne. Ils écrivaient l’araméen avec un alphabet araméen dont il y avait plusieurs variantes. Politiquement, l’Arabia Petrae appartenait à la sphère d’influence romaine. L’élite était constituée de mercenaires de l’armée romaine et de chrétiens hétérodoxes c’est-à-dire ayant leur propre conviction quant à la nature et la personnalité de Jésus.

Selon Kerr, les précurseurs de l’écriture et de la langue arabes que nous connaissons aujourd’hui proviennent de cette région. La partie orientale de l’Arabie du Nord (dont une partie de l’Irak actuel) était en relation avec le Royaume Perse.

Au Sud de l’Arabie Pétrée, formant le Nord de l’actuelle Arabie Saoudite, s’étendait l’Arabia Deserta (l’Arabie abandonnée). Concernant les langues parlées là, Kerr s’exprime avec prudence : « C’étaient des dialectes sémitiques, différents suivant les oasis et rattachés à ce qui deviendrait l’Arabe classique mais sans l’être ». Ils sont connus au travers de milliers d’inscriptions pétrographiques, certaines datant de plusieurs siècles avant l’Islam.

Les habitants de l’Arabia Deserta n’employaient pas l’alphabet araméen mais bien l’écriture sud-arabique, issue de la région du Yémen actuel qui constituait la troisième partie de l’Arabie des Romains et qu’ils appelaient « Arabia Felix » (l’Arabie heureuse). Ces différentes langues « yéménites » étaient similaires au sémitique arabe mais se rapprochaient plus de l’éthiopien classique. Et malgré la différence de langue, il est assez évident que les habitants d’Arabia Deserta – où se situent La Mecque et Médine – utilisaient l’alphabet yéménite.

En effet, tout d’abord, il y avait le rayonnement culturel de l’illustre civilisation du Yémen depuis l’an 1000 avant JC. Ensuite l’alphabet sud-arabique possède des signes pour tous les sons de base sémitiques et peut donc ainsi parfaitement reproduire l’arabe du Nord, alors que la langue araméenne possède trop peu de signes pour ce faire. Cet argument vaut aussi pour les plus anciens écrits arabes produits à partir d’écrits araméens où un même signe araméen peut parfois représenter jusqu’à sept sons différents en arabe. C’est ainsi que des manuscrits coraniques anciens ont produits différentes interprétations possibles. C’est une réforme plus tardive de l’écriture Arabe qui supprima les doubles sens.

À la période où la tradition rapporte que les textes coraniques auraient été rassemblés en un livre, vers le milieu du septième siècle, l’écriture sud Arabique était encore en usage à la Mecque et à Médine. D’où la position de Kerr : si le Coran était né là, il aurait dû être exprimé dans l’alphabet sud-arabique et en un ancien dialecte arabe local, et non dans l’arabe courant du nord de la Syrie (qui précède l’arabe classique). Or les manuscrits coraniques les plus anciens connus sont écrits dans cette écriture arabe ancienne qui contient encore des doubles sens. Conclusion : le Coran n’est issu ni de la Mecque, ni de Médine.

Kerr se fâche à propos de la destruction d’inscriptions sud-arabiques, par exemple lors d’une rénovation récente de la Mecque. Ce vandalisme culturel prive la science d’indices matériels potentiels très importants. Kerr considère ces destructions comme une barbarie encore plus grave que l’infâme destruction des statues de Bouddha en Afghanistan. Tombouctou a récemment été ajoutée à cette liste.

Toute théorie valide doit être ouverte à la réfutation [selon la théorie de Karl Popper], et celle de Kerr satisfait à ce critère. Peut-être les archéologues découvriront-ils un jour dans les environs de La Mecque des textes écrits avec un alphabet arabe qui ressemble à celui du Coran et qui seraient du septième siècle ou plus ancien encore, et écrits dans une langue ancêtre de l’arabe actuel. Dans ce cas la position de Kerr ne tiendrait plus.

Il convient de noter qu’on a trouvé en Arabie Saoudite des papyrus et des inscriptions du septième siècle en caractères arabes [pour ce qui est des inscriptions gravées sur des rochers, celles qui ont été opportunément « découvertes » depuis 2010 sont des faux manifestes – Ndlr]. Mais cela ne déconcerte pas Kerr : « Pour moi, ce sont les écrits non officiels qui font foi. Les papyrus cités sont des documents officiels issus du pouvoir. Des papyrus de la même époque ont également été découverts en Afghanistan. Personne ne va prétendre que l’arabe y était la langue véhiculaire. Je ne nie pas qu’il a eu un domaine arabe. La seule question est de savoir si c’était déjà aussi un domaine islamique, ou si l’Islam est né plus tard. Ce domaine a développé une langue de gouvernance dans laquelle ces papyrus ont été écrits ».

Une autre possibilité de réfuter la théorie de Kerr serait la découverte de textes coraniques en écriture Sud Arabique. Dans ce cas, La Mecque et Médine pourraient avoir été le siège de la naissance du Coran. Mais tant que de tels textes n’auront pas été trouvés, il convient, raisonne Kerr, de rechercher le lieu de naissance du Coran dans une région où vivaient des Arabes, où la langue parlée était l’arabe, et où dominait la culture écrite araméenne (d’où découle l’écriture arabe ancienne). Cette situation prévalait bien en Arabie Pétrée, mais ni à la Mecque ni à Médine où manquait la culture scripturaire araméenne.

Avec la collaboration de Thomas Milo. Les illustrations sont de Robert Kerr et Thomas Milo.

18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 20:21

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Mahomet et les femmes

Anne-Marie Delcambre

Docteur d'Etat en droit, docteur en civilisation islamique Islamologue et professeur d'arabe

Bibliographie

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La tradition musulmane, grâce à la plume d'habiles historiens – souvent des convertis persans du VIIIe siècle – a fait de Mahomet un mythe, une sorte de surhomme, le modèle insurpassable de la virilité. Ainsi seront rapportés et répétés avec orgueil les propos du hadîth : « Le Prophète faisait une tournée conjugale auprès de ses épouses dans le seul temps d'une nuit et de la journée suivante, alors qu'elles étaient au nombre de onze. » « Il avait la force de trente hommes », dit un autre hadîth. Anne-Marie Delcambre, docteur en droit et en civilisation islamique, nous conte avec un talent digne de Shéhérazade les mille aventures du Prophète, tout en analysant, avec sa rigueur de juriste, les sourates du Coran qui évoquent la position de la femme musulmane et les dures réalités de la polygamie.

Mahomet à Médine, un Prophète polygame

Mais il s'agit là, entre 622 et 632, du Mahomet de Médine, un Prophète devenu abondamment polygame, puisqu'il épousa treize femmes. Il ne consomma pas le mariage avec deux d'entre elles, dont Asma, parce qu'elle était lépreuse. À sa mort, Mahomet laissa neuf épouses.

Sawda était une veuve de cinquante ans, sans attraits.

Dès 619, Abû Bakr lui avait donné en mariage sa fille Aïcha, alors âgée de six ou sept ans. Le Prophète consommera le mariage plus tard à Médine, quand la fillette, la « petite blondine », aura neuf ou dix ans.

Hafsa, la fille d'Omar, était une veuve de vingt-deux ans sans beauté mais qui savait lire et que son père avait eu du mal à marier.

Zaynab, l'épouse de Zayd, son esclave chrétien affranchi devenu son fils adoptif, fut à l'origine d'un véritable coup de foudre du Prophète.

Umm Salamah, fille d'Abû Umayya, était une belle aristocrate, cultivée et mère de plusieurs enfants.

Juwayriyya, quant à elle, avait été capturée au cours de la razzia contre les Banû al Mustaliq. Ibn Ishâq rapporte : « Quand l'envoyé d'Allah distribua les captives, Juwayriyya tomba dans le lot de Thâbit ; elle se racheta par un pécule. C'était une très jolie femme, très séduisante. Elle alla vers l'envoyé d'Allah pour qu'il l'aide à payer son pécule. Aïcha dit : "Dès que je l'ai vue, je l'ai haïe. J'ai vu que l'envoyé d'Allah verrait d'elle ce que j'ai vu." Lorsqu'il la vit, Mahomet dit : "Je payerai ton pécule et je t'épouserai." Il fit plus puisqu'il accorda la liberté à tous ses parents. »

Safiyya, une juive de Khaybar, est, elle aussi, une prise de guerre. Mahomet la prit comme épouse après avoir fait torturer et tuer son mari Kinânah et consomma le mariage sans avoir la patience d'attendre d'être revenu à Médine.

Umm Habiba, fille d'Abû Sufyân, le chef de La Mecque, et veuve d'un mari alcoolique qui avait abjuré l'islam pour embrasser, en Abyssinie, le christianisme ainsi que Maymunah, également une veuve, la sœur de la femme de son oncle Abbas, illustrent les mariages politiques du Prophète pour reconquérir La Mecque.

À ce nombre de femmes il faut ajouter deux concubines, Rayhana, une juive choisie comme esclave à la suite du carnage de la tribu juive des Banû Qu-rayza et Maria, une esclave chrétienne envoyée d'Égypte par le « grand chef des Coptes » comme cadeau au Prophète.

Aïcha, l'épouse préférée

Pour la tradition, Aïcha était l'épouse préférée de Mahomet. Beaucoup de ses propos énoncent avec une certaine naïveté les privilèges que le Prophète s'octroyait par rapport au commun des musulmans. C'est elle qui a rapporté : « Le Prophète embrassait et touchait ses femmes alors qu'il jeûnait mais il était plus maître que vous de son membre viril. » D'elle aussi provient ce hadîth : « Le Prophète s'appuyait sur mon giron, bien que j'eusse mes règles et ensuite il récitait le Coran. Je démêlais les cheveux de l'Envoyé de Dieu, bien que j'eusse mes règles. » Il est vrai que celle qui est considérée par les musulmans comme la plus célèbre des « mères des croyants » aimait rappeler, non sans quelque fatuité, que le Prophète l'avait épousée jeune et qu'elle était vierge. « Alors que le Prophète avait un peu tardé à venir la retrouver, elle lui demanda : "Où étais-tu aujourd'hui jusqu'à maintenant ? – Ô belle petite, répondit-il, j'étais avec Umm Salamah. – N'en as-tu pas assez d'Umm Salamah ?" continua-t-elle ; alors qu'il souriait sans répondre, elle ajouta : "Ô Envoyé de Dieu, dis-moi seulement ceci : si tu te trouvais entre les deux versants d'une vallée dont l'un n'a pas encore servi de pâture tandis que l'autre a déjà été brouté, sur lequel mènerais-tu paître ton troupeau ? – Sur celui qui n'a pas été brouté, répondit le Prophète. – C'est bien cela, dit-elle, et moi je ne suis pas comme tes autres épouses. Chacune d'elles a eu un mari avant toi, sauf moi". » Lorsque Mahomet avait épousé physiquement Aïcha, la fillette avait neuf ans et lui, déjà plus de cinquante. Elle le charmait au début par ses espiègleries. Il est vraisemblable que, consciente de son pouvoir de séduction, elle prit de plus en plus de libertés avec son époux et, comme elle avait une langue acérée, elle dépassait quelquefois les limites.

Le Prophète gardait un respect ému pour Khadîja sa première femme. Un jour, Aïcha lui aurait dit, d'après la tradition : « N'as-tu pas fini de louer une vieille édentée, alors que tu disposes maintenant de plusieurs femmes jeunes et belles ? » Le Prophète fut très choqué par l'impertinente gamine et lui répondit sévèrement : « Apprends qu'aucune de vous n'arrive à la cheville de Khadija. Au Paradis, elle sera la plus proche de moi et aura la prééminence sur vous toutes. »

Le collier d'onyx

Parmi les cadeaux que Mahomet avait offert à sa très jeune épouse Aïcha, il y avait un collier d'onyx auquel elle tenait beaucoup. Or ce collier faillit perturber non seulement la vie du couple mais aussi la paix de la communauté. Durant toutes ses campagnes, le Prophète tirait au sort parmi ses femmes. Celle dont la flèche sortait l'accompagnait. Dans une razzia contre les Banû al-Mustaliq, il avait emmené Aïcha dans une litière arrimée sur une chamelle. On déposait le palanquin par terre quand on s'arrêtait. Or, sur le chemin du retour, lors d'une halte, le palanquin fut descendu et Aïcha s'éloigna pour satisfaire un besoin naturel. Elle s'aperçut alors qu'elle avait égaré le collier qu'elle portait au cou et s'attarda pour le chercher. Pendant ce temps, le palanquin avait été replacé sur le chameau. Quand la jeune Aïcha retrouva son collier, elle constata que tout le monde était parti. Et voici qu'arriva un Bédouin, jeune et beau, Safwân qui la reconnut. Aïcha dira : « II avait l'habitude de me voir, avant que le voile ne nous fût prescrit. » Il fit monter l'épouse du Prophète derrière son chameau et ils rentrèrent à Médine. Les méchantes langues allaient bon train. Le Prophète lui-même doutait. Aïcha rapporte : « Quand il entrait chez moi, pendant que ma mère était là pour me soigner, il lui demandait : "Comment va celle-là ?" » Mais une révélation coranique intervint pour innocenter Aïcha (sourate 24, versets 2, 4, 13). Celle-ci, toute fière d'avoir attiré l'attention d'Allah lui-même, ne manquait pas d'ailleurs de s'en servir pour humilier ses rivales.

Zaynab

Dieu se manifesta pour une autre épouse, Zaynab, femme de Zayd. Un jour, Mahomet alla rendre visite à Zayd, ignorant qu'à ce moment-là son fils adoptif était absent. Et le Prophète vit Zaynab en tenue légère. Malgré ses trente-cinq ans, elle était encore d'une beauté troublante. Il en tomba immédiatement amoureux. Zayd décida de la répudier. Mais épouser la femme de son fils adoptif, c'était commettre un inceste. Heureusement, une révélation tomba du ciel qui interdisait désormais l'adoption et l'autorisait à épouser Zaynab (sourate 33, verset 37).

Le jeune Mahomet de La Mecque, époux de Khadîja

Or ce Mahomet de Médine, à la tête d'un véritable harem, ne ressemble absolument pas au Mahomet de La Mecque qui, à vingt-cinq ans, avait été épousé par une femme de quinze ans plus âgée que lui et qui avait déjà été mariée deux fois. Khadîja était une veuve riche qui l'avait d'abord choisi comme intendant pour son commerce de caravanes avant de le faire demander en mariage. Elle dirigea et éduqua son jeune mari ; elle le soutint contre les attaques lorsque, devenu quadragénaire, il se mit à affirmer d'avoir des visions célestes. C'est elle qui alla consulter son cousin Waraqa ibn Nawfai, vraisemblablement un chrétien nestorien, pour le rassurer. Elle sut se montrer pour lui protectrice et maternelle. Mahomet lui garda toujours une grande reconnaissance : « Quand j'étais pauvre, elle m'a enrichi ; quand les autres m'accusaient de mensonges, elle crut en moi ; quand j'étais maudit par mon peuple, elle me resta fidèle et plus je souffris plus elle m'aima. » Pendant vingt-cinq années Mahomet fut un époux fidèle et respectueux.

Or la mort de Khadîja, en 619, opéra un véritable traumatisme dans la vie du Prophète. Il cessa dès lors d'être cet inspiré persécuté, moqué jusqu'à l'extrême dans sa vie privée, pour se transformer en chef de bande parfois sans pitié, opérant des razzias, multipliant les unions et n'hésitant pas à s'attribuer des captives de guerre comme butin.

Mansour Fahmy et la polygamie de Mahomet

L'Égyptien Mansour Fahmy, dans une thèse soutenue en 1913 à la Sorbonne sous la direction de Levy Bruhl, sur la condition de la femme dans l'islam, distingue dans la vie du Prophète de l'islam ces deux périodes conjugales totalement opposées. Fahmy, accusé d'avoir rédigé un travail sacrilège sous la houlette d'un « professeur juif » fut persécuté jusqu'à la fin de ses jours. Mais cet Égyptien courageux montre qu'à Médine l'attitude du Prophète est souvent en contradiction avec le Coran. La polygamie est permise (sourate 4, verset 3) mais lorsqu'Ali, son cousin et son gendre, époux de sa fille Fatima, veut, en vertu de ce verset, prendre une seconde épouse, le Prophète déclare en chaire : « Si Ali veut se remarier, qu'il divorce auparavant. Ma fille est une partie de moi-même. Ce qui lui fait mal me fait mal, ce qui la bouleverse me bouleverse. » En fait Mahomet réagit là en Arabe blessé dans son honneur de père. Il refuse à Ali la polygamie alors qu'il la pratique abondamment. Selon Fahmy, il s'attribuait des privilèges prophétiques, comme cette polygamie quasi illimitée, pour masquer qu'il n'était pas maître de ses inclinations. Pour se justifier, il disait avoir mangé d'un mets céleste que lui avait présenté l'ange Gabriel et avoir ressenti ensuite pour les femmes un désir et un amour exagérés (Ibn Saad, tome VIII). Les femmes pressentaient cette faiblesse de Mahomet. Aïcha a dit : « J'étais jalouse de mes co-épouses qui s'offraient d'elles-mêmes à l'Envoyé de Dieu et je disais : "Comment une femme s'offre-t-elle ainsi ? " Lorsque Dieu le Très Haut révéla le verset (sourate 33, verset 51) "Tu peux donner de l'espoir (pour plus tard) à celles d'entre elles que tu voudras et celle que tu désires de nouveau après l'avoir négligée", je dis : "Je trouve que Dieu a hâte de satisfaire tes désirs". »

Jalousies, scènes de ménage et réclusion

Mais la vérité, c'est que l'apôtre d'Allah n'arrivait pas à gérer neuf ménages différents, des femmes plus ou moins jalouses les unes des autres et qui ne cessaient d'ourdir des intrigues. Omar était souvent le témoin d'atroces scènes de ménage entre le Prophète et ses femmes qui, selon l'expression du père d'Hafsa, « le prenaient à la gorge ». Il déplorait d'autre part que les femmes du Prophète sortent non voilées le soir, pour satisfaire leurs besoins corporels du fait qu'il n'y avait pas de latrines dans les logements car il arrivait qu'elles soient importunées par des hommes peu recommandables. C'est pourquoi ce beau-père de Mahomet forçait son gendre à exiger de ses épouses plus d'obéissance, plus de discrétion vestimentaire, plus de réclusion. Il lui aurait dit : « Séquestre tes femmes ! » Chose troublante, une révélation était intervenue peu de temps après pour inciter les femmes à plus de tenue et de retenue (Coran, sourate 33, verset 59). Un jour, ce même Omar s'était rendu chez le Prophète. Dès que les femmes perçurent sa voix, elles se réfugièrent derrière un rideau. Le Prophète, secoué par le rire, dit : « Ô Omar, dès qu'elles ont entendu ta voix, elles ont disparu ! – Comment, s'exclama l'ombrageux Omar, vous avez peur de moi et pas du Prophète !". Cachée derrière le rideau, sa fille Hafsa lui dit : "Ô mon père, tu es plus dur que l'Envoyé de Dieu". »

Maria, la douce concubine chrétienne

Ce dernier était en fait d'un naturel timide. Or il dut affronter toutes ses femmes à la fois lorsqu'il tomba amoureux de Maria, la concubine chrétienne, frêle beauté à la chevelure bouclée. Il avait vraiment perdu tout sang-froid. On rapporte que, fou de jalousie, il aurait demandé à son cousin Ali d'aller tuer un copte envoyé d'Égypte pour servir la concubine. Il accusait le serviteur d'avoir eu des relations secrètes avec la belle esclave. Le copte n'eut la vie sauve que parce qu'il constata qu'il était eunuque ! À part cet épisode de jalousie due à la passion, la tradition parle bien peu de cette Maria. Elle fut à l'origine pourtant de la grave crise domestique qui amena le Prophète à se tenir éloigné de ses épouses un mois durant. Hafsa, la fille d'Omar, au retour d'une visite à ses parents, avait surpris le Prophète avec Maria dans son propre logement et le jour qui lui avait été réservé. Mahomet, très gêné, lui avait demandé de ne rien dire, mais elle s'était empressée de tout raconter à Aïcha. Et là l'orage avait éclaté. Pauvre Prophète qui s'était vu « attaqué » par la meute de ses femmes déchaînées contre l'étrangère, cette Égyptienne chrétienne si douce et si soumise. La violence des rivales était telle qu'il avait dû installer Maria dans une maisonnette indépendante sur les hauteurs de Médine. Mahomet vieillissant éprouvait une réelle passion amoureuse pour Maria. Le fait qu'elle ait été chrétienne était sans doute attirant pour le Prophète qui semble avoir été fasciné par Jésus et par sa mère Marie, symboles pour lui d'humilité et de douceur. Cette idylle lui avait fait oublier toutes ses femmes, entre lesquelles il devait le partage égal de ses jours et de ses nuits Comment osait-il préférer une concubine étrangère aux fières Arabes musulmanes ? Devant la violence de ses femmes et leur hostilité à Maria, il avait songé à les répudier toutes, d'autant plus qu'elles étaient, avec lui, stériles. La petite esclave copte avait réussi, elle, à lui donner un bel enfant à la peau douce, Ibrahim (Abraham) qui devait être le symbole de l'union des monothéismes. Malheureusement, voici que ce mignon bébé qu'il couvrait de baisers sur tout le corps et auquel il tenait comme à la prunelle de ses yeux, tombe malade et meurt. On est tenté de se demander si ce fut bien une mort naturelle car les femmes du Prophète, humiliées, incarnaient de multiples intérêts de clans, menacés par ce fils d'une esclave chrétienne ! Sur le désespoir du Prophète à la mort de son fils la tradition reste très pudique.

Un Prophète désinvolte…

Sur sa désinvolture vis-à-vis de ses femmes, la même tradition se montre en revanche prolixe. L'historien Tabari (838-923), persan avisé, rapporte dans ses Annales : « Aïcha se plaignit d'une migraine. Le Prophète déjà fort malade dit : "Ô Aïcha, ce serait à moi de me plaindre, non à toi. Si l'on aime quelqu'un on regrette de lui survivre. Puis quel mal y aurait-il, ô Aïcha, si tu mourais avant moi, si je t'ensevelissais, si je priais pour toi et te déposais dans la tombe ? " Et celle-ci de rétorquer : "Oui, tu veux, en revenant de mon enterrement, faire un nouveau mariage". » Le Prophète, nous dit Tabari, sourit en entendant cette réplique acerbe. Le Mahomet de Médine avait l'autorisation coranique de contracter autant de mariages qu'il voulait, aussi bien avec des épouses auxquelles on donne une dot, qu'avec « des esclaves qu'Allah a données par fait de guerre » ou avec des femmes croyantes qui se donnent au Prophète si ce dernier veut les prendre en mariage (sourate 33, verset 50). Mais cela ne semblait pas lui suffire si on comprend bien ce verset du Coran : « II n'est point licite à toi, Prophète, de prendre encore d'autres femmes en dehors de tes esclaves, ni de les changer contre d'autres épouses, fusses-tu ravi par leur beauté » (sourate 33, verset 52). Même Muhammad Hamidullah dans Le Prophète de l'islam voit là « un point de quelque complication » (sic). Il est vrai, d'après Aïcha, qu'en général elle s'efforce de « satisfaire sans retard les passions de son Prophète » ! Ainsi Mahomet, qui est déçu par ses nombreuses épouses stériles et qui avoue être un époux jaloux, ne peut qu'être comblé par la Révélation qui déclare d'abord que « ses épouses sont les mères des croyants » (sourate 6) et qui défend ensuite aux musulmans « d'épouser jamais ses épouses après lui » (sourate 33, verset 53).

…mais misogyne…

Loin d'être un Prophète féministe comme voudraient le faire croire les apologistes musulmans modernes, Mahomet était même parfois misogyne. Il trouvait au sexe faible moins d'intelligence et de piété, moins de capacité juridique aussi. Il ne faisait là que suivre ou précéder le Coran pour qui le témoignage d'un seul homme équivaut à celui de deux femmes (sourate 2, verset 282). C'est également le Coran (sourate 4, verset 34) qui commande de frapper les femmes si elles persistent dans l'indocilité. Mahomet avait interdit de les frapper mais Omar vint trouver le Prophète et lui dit : « Les femmes s'enhardissent vis-à-vis de leurs époux ». À ces propos le Prophète autorisa les hommes à frapper leurs femmes, tout en reconnaissant que les hommes qui font cela ne sont pas parmi les meilleurs.

…et sans aucune indulgence

Le Prophète de l'islam, même s'il était amateur de femmes, n'était pas particulièrement indulgent envers le sexe féminin ! Le Coran punit l'adultère de cent coups de fouet. Or Imrân Husayni raconte qu'une femme de la tribu de Juhayna vint trouver le Prophète, alors qu'elle était enceinte après avoir commis l'adultère. Elle lui dit : « Envoyé de Dieu j'ai transgressé un interdit. » L'Envoyé de Dieu fit appeler son tuteur et lui dit : « Montre-toi bienveillant envers elle et quand elle aura accouché ramène-la moi. » Celui-ci fit ce qui lui avait été demandé et le Prophète ordonna d'attacher la femme avec ses habits ; puis il la fit lapider et dirigea la prière mortuaire. Dans l'Évangile, Jésus évita la lapidation de la femme adultère en posant une condition impossible à ceux qui voulaient appliquer la loi juive de la lapidation : « Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre. » Et tous de se retirer, les plus âgés en premier. Jésus dit à la femme : « Va et ne pèche plus ! » Mais Mahomet, lui, ne pardonna pas à la femme adultère. Il faut la foi des musulmans pour voir dans cette punition de la femme fornicatrice autre chose qu'une mise à mort inacceptable pour une conscience moderne.

Anne-Marie Delcambre

Mai 2002

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 08:41

La vraie mort de Mahomet

Le prophète de l'islam, victime d'un abus de faiblesse ? C'est ce que laisse entendre la Tunisienne Hela Ouardi dans "Les Derniers Jours de Muhammad".

Publié le 14/03/2016 à 13:46 | Le Point.fr

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Hela Ouardi est professeur de littérature et de civilisation à Tunis.

Le Point.fr : Telle que vous la décrivez, la fin de Mahomet est une vraie tragédie shakespearienne…

Hela Ouardi : Effectivement, le prophète de l'islam subit de nombreuses épreuves à la fin de sa vie : il perd son seul fils, qu'il adorait ; il subit des échecs militaires contre Byzance, ce qui affaiblit son autorité auprès des musulmans. Il tombe alors gravement malade, et on lui désobéit, on l'empêche d'écrire son testament, on lui administre des médicaments à son insu … Après sa mort, sa fille Fatima sera violentée et mourra, dit-on, des suites de cette agression. Elle sera aussi déshéritée. Son époux, Ali, sera nommé Calife, mais finira assassiné et leurs enfants seront massacrés. On peut donc parler d'une tragédie.

On l'aurait assassiné ?

D'après les sources musulmanes, à la fin de sa vie il a été victime de plusieurs attentats. Il se méfiait de son entourage d'ailleurs, et quand on l'a forcé à prendre un médicament, il a demandé aux personnes présentes de prendre la même potion. En fait, d'après certains auteurs musulmans, il serait peut-être mort de pleurésie. Mais les plus anciennes biographies musulmanes affirment qu'il aurait été empoisonné par une juive de Khaybar. Cette thèse embarrasse les théologiens qui considèrent qu'elle pourrait nuire au prestige du Prophète. Les docteurs d'Al-Alzhar reconnaissent ainsi qu'il a été empoisonné, mais assurent qu'il a survécu trois ans au poison, preuve de l'intervention divine…

Et on a vraiment abandonné son cadavre ?

Oui, on l'a laissé sans sépulture pendant trois jours, ce qui est plus qu'étonnant dans une région aussi chaude que l'Arabie, où la tradition veut que l'on enterre les morts immédiatement ou presque. Les textes évoquent même la décomposition du corps. Deux hypothèses majeures peuvent expliquer cette situation : d'abord le déni. On ne veut pas croire qu'il soit mort et l'on pense qu'il va ressusciter. Mahomet ne promettait-il pas la fin du monde ? La deuxième raison est plus politique, et c'est celle défendue notamment par les chiites : ces trois jours ont permis à Abu Bakr et Umar d'écarter la famille de Mahomet et de s'organiser pour lui succéder. Il leur fallait du temps pour mettre en place ce qu'on pourrait appeler un « coup d'État » ; certaines sources évoquent la présence de la tribu des Aslam qu'Abu Bakr a déployée dans les rues de Médine comme une milice avant l'enterrement du Prophète pour prévenir tout mouvement de contestation. Car les Médinois, chez qui Mahomet était venu se réfugier avec ses premiers fidèles après avoir quitté la Mecque en 622, ne voulaient plus des Mecquois qui les tenaient pour inférieurs. Ils voulaient désigner eux-mêmes leur chef. Abu Bakr s'est imposé par la suite par le sang en menant ce que l'on a appelé les « guerres d'apostasie ».

Le problème de l'islam naissant tient donc au fait que Mahomet n'a pas pu organiser sa succession...

Il n'avait pas de fils direct, que des petits-enfants, des gendres ou des beaux-pères, Abu Bakr, Umar, Ali et Uthman, qui seront les quatre premiers califes. C'est entre eux que va se jouer la succession. Le pouvoir politique en terre d'islam est encore de nos jours une affaire de famille !

Vous parlez de Médine, mais vous dites aussi qu'il est mort non pas dans cette ville, comme l'affirme la tradition, mais à Gaza…

Les sources non musulmanes contemporaines de l'époque du Prophète attestent de la présence de ce dernier à Gaza en 634. Je dois rappeler que l'arrière-grand-père de Mahomet, Hâchim, serait lui-même mort à Gaza.

Mais pourquoi ces changements de lieu et de date ?

Probablement pour des raisons politiques. Son histoire a été « écrite » pour les besoins d'une légitimation du pouvoir.

Votre livre nous dépeint un vieux prophète manipulé par ses femmes et ses meilleurs amis. Aujourd'hui, on dirait qu'il a été victime d'un abus de faiblesse. Quand commence le culte qui fera de lui « le sceau de l'islam » ?

Sous les Omeyyades, probablement, mais on ne sait pas exactement comment. Le processus a dû être lent. Tous les descendants du Prophète ont alors été éliminés, donc il n'y a plus de risque que s'instaure une dynastie de droit divin. La nouvelle dynastie, qui est originaire de la Mecque elle aussi, mais qui pourtant s'est opposée au Prophète au début de la Révélation, va pouvoir l'utiliser pour asseoir sa légitimité.

Vous avez mené une enquête de type scientifique, votre appareil de notes le prouve. Mais sur quoi vous fondez-vous pour affirmer de telles choses ?

Mais sur la tradition musulmane, bien sûr ! Contrairement à ce que l'on peut croire, tout a été écrit, il suffit de prendre la peine de lire les textes. Mon livre n'est pas une œuvre de fiction. C'est le résultat de trois ans de lecture attentive du Coran, des hadiths, c'est-à-dire les faits et les dires que l'on attribue au Prophète, et des récits biographiques publiés après sa mort.

Mais les historiens remettent en cause la fiabilité de ces sources religieuses qui ont été écrites dans une visée apologétique…

Certes. D'abord, il faut préciser que ces sources, malgré leur manque de fiabilité historique, demeurent incontournables. Si on les ignore, l'histoire de la naissance de l'islam se résumerait à deux phrases. Donc, il faut lire, mais comme des documents et non comme des monuments. Mais d'une part, on retrouve les mêmes faits dans des écrits de sources très différentes et d'autre part, ces textes qui pourraient pratiquer la langue de bois n'hésitent pas à dire des choses étonnantes, parfois même contraires aux intérêts des partis qu'ils défendent. Ainsi, je croyais que le fait que Mahomet soit empêché d'écrire son testament était une « invention » des chiites qui soutiennent qu'il avait choisi Ali pour successeur, mais qu'Abu Bakr et Umar l'en ont empêché. Or, les textes sunnites rapportent aussi cet épisode, ce qui n'est pourtant pas dans leur intérêt. On peut penser qu'il y a là un début de vérité, même si l'historien doit toujours garder une distance critique, évidemment.

Si Mahomet attendait la fin des temps, il ne voulait pas créer de religion. Le vrai fondateur de l'islam n'est-il pas plutôt Abu Bakr?

Effectivement, ses successeurs, et au premier chef Abu Bakr, ont donné un avenir à la religion de la fin des temps. Mieux, en conquérant le Proche-Orient, ils ont donné à la religion de l'arabité, une carrière universelle.

12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 22:02

Le corps et les excréments de Mohammad sont des objets de vénération pour les musulmans

Dans un récent article, nous nous sommes penchés sur les propriétés médicinales du crachat de Mohammad, prophète de l’islam (Qu’Allah prie sur lui et lui accorde la paix). Nous abordons aujourd’hui un chapitre plus globalisant du propre corps de l’envoyé d’Allah, objet de vénération et source de liesses populaires mais aussi de troubles insurrectionnels. Quand on dit que « La foi soulève les montagnes », la foi pousse aussi les peuples à s’entretuer. Mais entrons dans le vif du sujet.

Notons tout d’abord qu’on n’a retrouvé ni la tombe ni le corps de Mohammad. On ignore tout sur lui, sauf ce qui est dit dans les hadiths qui sont postérieurs à sa mort de 200 ans. Cependant dans le culte musulman, tout ce qui vient du prophète ou qui est supposé tel est sacré : ses poils (cheveux, poils axillaires, poils de sa toison pubienne, autres poils), ses ongles, sa sueur, son crachat, sa salive, son sang, ses urines, ses excréments. Une extension de cette sainteté va à tous les objets qu’il a pu toucher dans sa vie : l’eau de ses ablutions, le sol où il a mis les pieds etc. … A l’intention de ceux qui doutent de ce qui suit, précisons que nous empruntons ici de larges extraits, sur le site « Les secrets de l’islam », à un article bien référencé et intitulé Urine bénite.

Les cheveux et les poils du prophète

Tous les ans lors de la fête de la naissance de Mohammad, un religieux grimpe en haut de la mosquée Harzatbal, à Srinagarn en Inde, pour exhiber fièrement, devant une foule de plusieurs milliers de croyants en délire, ce qui est censé être un poil de la barbe du prophète. La disparition de cette relique en 1964 avait déclenché des émeutes dans la province. Un autre poil est exposé au musée Topkapi, à Istanbul. Il est l’objet de l’admiration d’une foule nombreuse.

Quand Mohammad allait chez son barbier, ses compagnons s’emparaient de ses cheveux. De même, le chef de guerre Khalid ibn al-Walid mettait dans son casque une mèche de cheveux du prophète, partait au combat et triomphait grâce à cette relique bénie.

On a raconté aussi que l’envoyé d’Allah distribuait lui-même à ses adorateurs des touffes de sa chevelure et que d’autres conservaient les poils de Mohammad afin de s’octroyer les grâces d’Allah.

Il faut reconnaître que, lorsqu’on n’a pas d’Allah à portée de vue, Mohammad devient son représentant, son sosie, son alter-ego.

Les ongles du prophète

Les ongles du messager d’Allah étaient de même très convoités. Dans un hadith consigné par Ahmad ibn Hanbal (m. 855) dans son Mosnad, nous apprenons qu’un compagnon s’est vu attribuer quelques reliques inestimables et rarissimes durant un pèlerinage à La Mecque. Le messager d’Allah en effet donna en partage autour de lui ses victimes sacrificielles et ne donna rien à son compagnon (le père de Mohammad ibn ‘Abdallah ibn Ziad). Mais il s’est rasa la tête, mit ses cheveux dans son vêtement et les donna à son compagnon qui les distribua à son entourage. Ensuite, il se coupa les ongles et les donna à son compagnon.

Le sang du prophète

Les savants de l’islam considèrent le sang comme impur. Or, à la bataille d’Ohod, le prophète se blessa gravement au visage. Un jet de pierres endommagea son casque, lui ouvrit la lèvre et l’édenta. Les deux anneaux du casque s’enfoncèrent dans ses joues. Le sang coulait abondamment à tel point qu’on eut du mal à reconnaître Mohammad. Quand on retira les anneaux le sang se mit à couler comme une outre qui fuit. Mâlik ibn Sinân suça le sang puis l’avala. Le messager d’Allah lui dit : « Celui dont le sang touche le mien, le feu de l’enfer ne lui fera aucun mal ». De même, un jour où le sang du prophète coulait lors d’une saignée, son compagnon ‘Abdallah ibn al-Zoubayr le but et Mohammad lui dit : « Réjouis-toi ! Le feu de l’enfer ne t’atteindra jamais ».

Ainsi boire le sang du prophète n’est pas prohibé. Son sang est donc une exception. C’est même un sauf-conduit pour le paradis.

L’urine du prophète

Dans l’islam, l’urine animale n’est pas nécessairement une substance impure. Si elle provient d’un animal dont la viande est halal, elle est buvable. Ce qui explique la vente d’urines de chamelles laitières, même au 21e siècle.

Concernant l’urine humaine, elle est impure, excepté celle de Mohammad. Selon un hadith rapporté par Oum ‘Ayman, « Le messager d’Allah s’est levé une nuit et s’est isolé dans un coin de la maison pour uriner dans un bol. Je me suis levée pendant la nuit et j’ai eu soif, j’ai alors bu ce qu’il y avait dans le bol sans savoir ce que c’était. Le matin, le Prophète a dit : « Ô Oum ‘Ayman ! Jette ce qu’il y a dans le bol ». J’ai répondu : « Par Allah, j’ai bu ce qu’il y avait dedans ! » Le messager d’Allah s’est mis à rire jusqu’à faire apparaitre ses dents puis il a dit : « Tu n’auras plus jamais mal au ventre après ça ».

Anas, un des compagnons, a rapporté aussi que le messager d’Allah avait uriné dans un puits qui était situé dans sa maison et qu’il servait de cette eau fraîche à ceux qui lui rendaient visite.

Mohammad avait craché et peut-être aussi uriné dans le puits al-Tifla. L’eau de ce puits a acquis des propriétés médicinales.

Les urines du prophète soignent donc les maux de ventre.

Les excréments du prophète

Les excréments des animaux licites à manger ne sont pas considérés comme impurs. Pour ibn Taymiyya, « Aucun des compagnons de l’envoyé d’Allah n’a dit qu’ils sont impurs ». Ils peuvent être vendus et utilisés en tant que combustible pour le feu ou à d’autres fins, comme méthode contraceptive par exemple : les musulmanes s’enfonçaient dans le vagin des compositions de divers ingrédients dont le crottin d’éléphant, et cela était permis par les savants religieux plus spécialisés dans le domaine de la médecine tels que Mohammed ibn Zakariya al-Râzi (m. 921) ou Ibn Sina alias Avicenne (m. 1037). Les femmes de l’Égypte antique usaient déjà de ce moyen de contraception.

Si les oulémas qualifient d’impures les déjections humaines, là encore le prophète se situe à part. La tradition raconte que le fameux compagnon Jâber bin ‘Abdullah al-Ansâri (m. 697), grand guerrier de surcroit, pris un jour d’un féroce appétit voulut se remplir la panse en dévorant les matières fécales de Mohammad. Mais quelqu’un lui chaparda ces victuailles si raffinées et si convoitées.

Il y a peu de temps, le grand mufti d’Égypte, ‘Ali Jouma’a, a affirmé dans un livre que les cheveux, la sueur, le sang, l’urine du prophète étaient une source de bénédictions. Pour défendre ses écrits, il a récidivé en déclarant, notamment dans la presse, que « Tout dans le prophète est pur, y compris ses matières fécales ».

La sueur du prophète

Anas ibn Mâlik considérait qu’aucun parfum n’était comparable à l’odeur de la sueur de Mohammad. Un hadith rapporte une drôle d’expérience d’Oum Soulaym. Quand le messager d’Allah s’aperçut à son réveil qu’Oum Soulaym était en train de recueillir des gouttes de sa sueur dans des flacons de parfum, il lui demanda la raison. Elle répondit : « Nous espérons que cela bénit nos enfants ! ». Il dit : « Tu fais bien ». Cette essence spéciale aurait été mélangée avec du hanout pour embaumer le corps d’Anas, conformément à ses dernières volontés.

La sueur du prophète préserve donc le corps de toute putréfaction.

L’eau des ablutions du prophète

Les gens avaient l’habitude de se ruer sur les eaux usées qui avaient servi à la toilette ou aux ablutions de l’envoyé d’Allah. Certains les buvaient et parfois même ils en venaient presque aux mains pour se les approprier. Quant aux retardataires, ils devaient se contenter de toucher la main humide de leurs compagnons. Quel pouvoir extraordinaire avait cette eau des ablutions de Mohammad !

Les effets personnels du prophète

Du temps du prophète, les musulmans avaient un grand respect pour tout ce qui était une émanation physique du messager d’Allah et pour les objets lui ayant appartenu ou qu’il toucha. On coupa même l’embout d’une outre d’eau qui avait servi à une libation du prophète afin de la garder comme objet béni. On arracha au prophète un vêtement qu’il ne porta qu’un seul instant parce qu’on voulait recevoir une bénédiction en s’enveloppant dedans. La fille du premier calife, le bien-guidé Abou Bakr, hérita la burda (manteau) du prophète. Elle s’en servit pour guérir les malades. Les musulmans se transmettaient ainsi les affaires du défunt prophète, de génération en génération, car ils étaient persuadés que leur quotidien en serait amélioré : son bâton, ses sandales, sa bague et bien d’autres choses encore. On peut aussi lire cet article de la BBC (qui rappelle les émeutes de 1964 causées par la disparition d’un poil de la barbe du prophète à Srinagar) qui raconte qu’une babouche de Mohammed fut dérobée en 2002 dans une mosquée de Lahore au Pakistan. Les reliques du prophète et leur conservation sont l’objet d’intenses émotions dans le sous-continent indien.

Conclusion

Les musulmans divinisent et idolâtrent Mohammad alors qu’il n’était rien d’autre qu’un caravanier et un guerrier. D’autres religions procèdent de même en matière de reliques sans toutefois atteindre la trivialité de l’islam. La littérature islamique consacre des chapitres et des livres entiers à la gloire du Prophète si bien qu’Allah est relégué au second plan. Le guide de la oumma se trouve ainsi placé au-dessus d’Allah, ce qui est illogique. De même, l’islam accorde une trop grande importance aux hadiths (faits et gestes de Mohamamd) si bien qu’ils prennent l’ascendant sur le Coran, censé exprimer la parole d’Allah.

Bernard Dick

6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 20:50

Palimpseste (1) : les deux écritures sont en arabe hidjazi ancien

(Capture d’écran d’après https://www.youtube.com/watch?v=TEU6knDtTSc)

Contester le Coran est considéré par l’islam comme le blasphème suprême. Pour tous les musulmans, le Coran a été révélé à Mohammad par l’ange Gabriel puis répandu dans le monde, exactement selon la version révélée, sans ajouts ni retraits, lettre pour lettre, mot pour mot, sourates selon les mêmes séquences, versets selon les mêmes rangs. La croyance dans ce corpus est simpliste et inébranlable : le Coran est incontestablement la parole d’Allah. Elle est la conséquence de répétitions de plusieurs versets : En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien (Le Coran 15 :9), En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre sur toi le Coran graduellement. (76 :23). Ainsi, Allah se porte garant de toute « intervention du diable » ou de quiconque susceptible d’ajouter ou de retrancher des éléments du Coran, en l’altérant ou en le déformant (تحريف).

Mais la croyance peut-elle résister éternellement face à la recherche scientifique approfondie des textes anciens ? Quand une vérité éclate au visage des croyants, elle provoque en eux un terrible choc dont ils ne peuvent se remettre. Et ils utilisent la violence sous ses différents aspects jusqu’à jeter l’anathème ou tuer celui qui découvre ces vérités.

La découverte des manuscrits de San’a’, capitale du Yémen

Les manuscrits de textes coraniques découverts à San’a’ en 1972 sont les plus anciens textes du Coran qui nous sont parvenus. Nous ne disposons pas de Coran ancien complet, ni de ceux des compagnons de Mohammad, ni de ceux des califes, ni de celui du calife Othmâne (576-656) réputé pour avoir recensé le Coran. Pourquoi Mohammad n’a-t-il pas recensé lui-même le Coran au moment de la révélation en présence de l’ange Gabriel ? En réalité, assembler les versets du Coran n’était pas dans l’intérêt de Mohammad, surtout quand il fut obligé d’inventer des versets pour disculper sa femme de toute accusation d’adultère ou quand il poussa son fils adoptif Zayd à répudier sa femme Zeynab pour que lui-même puisse épouser celle qui était sa belle-fille. Cela à un point tel que sa femme Aïchas’est trouvée obligée de déclarer « Je ne vois en ton Seigneur que Son empressement [à accepter] tes fantaisies »… Elle ironise sur la révélation, manifestant ainsi ses doutes.

Mohammad était illettré et il ne pouvait retenir qu’une très faible partie de ce que l’ange Gabriel lui aurait révélé.

Toutes les sourates, tous les versets coraniques sont survenus après un événement de la vie quotidienne de la communauté et la révélation est postérieure à l’événement. Le Coran peut donc être considéré comme un recueil historique d’archives.

Les manuscrits de San’a’ ont été découverts par des ouvriers en 1972 lors de la restauration de la Grande Mosquée. Il s’agissait d’une bouillie répugnante de vieux parchemins et de documents en papier (2), de livres endommagés et de feuillets individuels de textes arabes compactés par la pluie et l’humidité, rongés à travers les siècles par les rats et les insectes. Tout a été mis pêle-mêle dans vingt sacs de jute placés sur les marches d’un des minarets de la mosquée. Puis ils sont passés à l’oubli.

Le mécénat du gouvernement allemand

Gerd et Elisabeth Puin de l’Université de la Sarre, tous deux spécialistes de l’étude textuelle du Coran et de la paléographie arabe, ont mené une campagne subventionnée par l’État fédéral allemand pour la restauration d’environ 15.000 fragments de parchemins qui ont été nettoyés, assemblés et microfilmés puis stockés. D’autre part, les Yéménites gardaient profil bas afin de ne pas ébruiter la nature des conclusions. Car si le Coran s’avèrait être un document d’un intérêt historique et non d’inspiration divine absolue, alors toute la lutte islamique des 14 siècles passés deviendrait un non-sens. D’autre part, ils ne voulaient pas divulguer que des Allemands et d’autres étrangers travaillaient sur le Coran.

Dans un article publié par l’Atlantic Monthly en 1999, Gerd Puin dit : « Selon moi, le Coran est une sorte de cocktail de textes qui n’ont pas tous été compris, même à l’époque de Mohammad. Beaucoup d’entre eux peuvent même être plus anciens que l’islam lui-même d’une centaine d’années ».

Le Coran est considéré par l’islam comme étant écrit en arabe mubeen ( مُبين « clair ») alors qu’une phrase sur cinq n’a pas de sens, ce qui laisse aux exégètes des interprétations cacophoniques et le rend pratiquement intraduisible. Notons aussi que le mot même de « coran » vient du syriaque.

Transcription d’un palimpseste d’une page d’une sourate : la demi-page de droite représente l’écriture inférieure gommée et les mots de couleur bleue sont ceux qui ont été remplacés par l’écriture ultérieure figurant sur la demi-page de gauche.

Qu’a-t-on découvert dans l’étude de ces manuscrits coraniques ?

D’abord, l’ordre des versets ne correspond pas à la tradition. Il y a des variations dans les textes et les styles. Les textes sont rédigés en écriture arabe hidjazi primitive.

Ensuite, Élisabeth Puin a démontré en 2008 qu’une partie des papyrus montrait manifestement des traces d’une utilisation antérieure délavée (scriptio inférieure et scriptio supérieure du palimpseste). La superposition de deux textes coraniques de périodes différentes pose un questionnement, d’autant qu’un temps assez long sépare les deux écritures. En effet cette étude a bénéficié de l’analyse au radiocarbone qui prouve que le texte inférieur est antérieur à 671, avec une certitude de 99%.

Si le texte supérieur est presque identique à celui connu actuellement, le texte inférieur comporte une diversion du texte standard. Par exemple : dans la sourate 2, verset 87, le texte inférieur était : wa-qafaynâ ‘alâ âthârihî, ( وكفينا على آثاره) alors que le texte standard est wa-qafaynâ min ba’dihi ( وكفينا من بعده). On relève ainsi, dans l’ensemble de la sourate 2, vingt cinq minimes aberrations mais intrigantes par rapport au texte coranique standard. Dans la sourate 9 : dix huit variations. Dans la sourate 12 : huit variations, la sourate 19 : vingt huit variations, etc …

De telles aberrations ne sont pas surprenantes pour les historiens du texte coranique mais elles sont troublantes pour les croyants car elles s’opposent à la croyance musulmane orthodoxe pour qui le Coran qui nous est parvenu est simplement la parole d’Allah « parfaite, intemporelle et inchangée ». Gerd Puin écrit : « Beaucoup de musulmans croient qu’entre les deux pages de couverture du Coran se trouvent les paroles inaltérées d’Allah » et « L’étude des fragments de San’a’ permet d’aider à présenter le Coran comme un texte historique analogue à la Bible et qui n’est pas tombé tout droit du ciel ».

Les autorités yéménites ouvertes à la recherche ont été, par la suite, sanctionnées. Le chef du Département des antiquités, embarrassé, a dû défendre devant le parlement sa décision de faire appel à des chercheurs étrangers.

Mais, à ce jour, les manuscrits de San’a’ n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

Bernard Dick

1) Un palimpseste est un manuscrit sur parchemin dont la première écriture a été lavée ou grattée et sur lequel un autre texte a été écrit (du grec ancien παλίμψηστος palimpsêstos, gratté de nouveau).

(2) Le papier est anciennement connu en Chine. Il ne fut introduit en Europe qu’au début du 13e siècle. Les arabes n’ont connu, semble-t-il, le papier qu’en prenant Samarcande en 705 au contact de captifs chinois. S’agit-il, pour les manuscrits de San’a’, de manuscrits de papier ou de papyrus ? Une de nos deux sources indique : paper documents , la seconde parle de papyrus.

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  • : Une série d'articles relatifs à Mahomet et l'Islam. Des informations qui nous sont le plus souvent cachées. "Mahomet" est utilisé pour désigner Mohamed, par commodité de langage. Ce n'est pas un manque de respect. Il vient du turc "Mehemet". Le but est de faire connaître un certain nombre de textes authentiques sur les paroles et les actes du prophète de l'Islam, et de publier certains articles, qu'ils soient de moi même ou empruntés à d'autres, pour éclairer les lecteurs sur la réalité de l'Islam. N'hésitez pas à me faire connaître votre opinion sur le sujet. C'est un lieu de partage et de débat. Les insultes et les menaces ne sont pas les bienvenues.
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